En venant à Athènes début avril, un de mes objectifs principal était d’assister aux cérémonies de la Pâque orthodoxe. En effet, dans le monde orthodoxe, il s’agit d’une fête primordiale qui a bien plus d’importance qu’en France. Ici, comme à Noël chez nous, les villes se couvrent de décorations lumineuses : oeufs, chandelles, cloches... Cette fête est précédée d’un jeun de 40 jours : le carême (en France aussi). La semaine de Pâque, chaque soir, dans les églises, on célèbre les étapes de la crucifixion, la dernière étape ayant lieu le vendredi soir. La Grèce n’étant pas un pays laïc, toutes ces traditions prennent une ampleur particulière...
Pour plus de photos, voir le deuxième album photo à gauche.
Hier, vendredi, à intervalles réguliers, les cloches des multiples églises de la ville ont sonné, tantôt le glas, tantôt d’autres rythmes. Il est arrivé que ça sonne une heure en continuité... Aïe la tête !
Cependant, l’élément marquant de la journée est la messe qui commémore la crucifixion et le défilé qui s’en suit : l’épitafios. Quant on voit ce spectacle impressionnant, on comprend ce qu’est la laïcité et ce qu’est un pays non laïc.
Pendant la cérémonie, l’armée, l’arme au pied, face à l’église, attendait. Des hauts parleurs diffusaient à l’extérieur l’office religieux. Un cordon de policiers empêchait d’approcher de l’église. Dans la foule, certains avaient allumé des bougies, d’autres leur appareil photo... Lorsque procession est sortie, les soldats se sont mis au garde à vous et la fanfare a commencé un air lugubre de deuil (A voir, peut-être, une vidéo). Même les lampadaires étaient en deuil, couverts de voiles noirs. Lentement, pas à pas, la procession s’est mise en marche : la police, l’armée, des religieuses décorées, des « scouts », le clergé, la croix puis venaient le cercueil du Christ, son suaire sur un baldaquin (baiser par certains) puis le patriarche escorté et enfin la foule.
Hier, lors de la procession, j’ai eu la chance de me retrouver au premier rang pour prendre quelques photos que l’on trouvera dans un album spécifique. La procession est donc partie de l’église-cathédrale dans le quartier de Plaka (le quartier ancien d’Athènes, celui qui se trouve au pied de l’Acropole et qui est d’habitude envahi par les touristes) et s’est dirigée vers le centre d’Athènes, vers Syntagma. En effet, la suite de la cérémonie avait lieu face au Parlement grec, l’ancien palais royal.
Arrivé place du parlement, je me suis mis dans un coin où il me semblait que le cordon policier était plus faible. Gagné ! Au bout d’un quart d’heure, il a rompu et nous sommes une cinquantaine à avoir pu nous faufiler. Panique des policiers qui essayaient de crier à voix basse (difficile mais il ne fallait pas perturber la cérémonie, surtout devant les caméras de TV...). Ils nous ont stoppés à quelques mètres de la tribune officielle. Finalement, juste à la fin de la cérémonie, le cordon a cassé à nouveau et hop, je me suis retrouvé je ne sais trop comment en tête du cortège civile. Je ne me sentais pas trop à ma place, d’autant que je n’avais plus de mémoire dans mon appareil ni de batterie. Enfin, il s’en est suivi une belle pagaille. La foule était partout et bloquait la procession. Encore une fois sans trop savoir comment, je me suis retrouvé face à la croix. Finalement, ils ont remis de l’ordre dans tout ça et je suis rentré avec quelques beaux clichés. N’empêche, ça fait tout de même étrange de voir des politiciens, la foule, l’armée, le clergé... face au parlement. Après avoir vu ça, on comprend mieux ce qu’est la laïcité en France, on la voit davantage.
D’ailleurs, que représente le drapeau grec ? Le bleu et le blanc sont les couleurs de la vierge et il y a la croix. C’est un symbole religieux. Mais tout cela est assez logique puisque les Grecs ont assimilé la religion orthodoxe à leur identité et ce, par opposition aux Ottomans (les Turcs) qui les ont occupés pendant 4 siècles.
Les vidéos :
www.dailymotion.com/video/x1ngki_ceremonie-place-syntagma
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